| Titre : | ETUDES. Revue mensuelle de culture contemporaine, N°4326, 169è année - Mai 2025 - La robustesse du vivant |
| Type de document : | Bulletin : texte imprimé |
| Paru le : | 01/05/2025 |
| Année de publication : | 2025 |
| Format : | 144 p. |
| Langues: | Français |
| Résumé : |
Au-delà de son immense impact médiatique et de la protestation vigoureuse des militants et des responsables du Rassemblement national, la condamnation sévère de Marine Le Pen, comme de plusieurs de ses collaborateurs, à des peines de prison ferme et à l’inéligibilité avec exécution provisoire va sans doute constituer un moment historique. Avec cette décision ressortent tous les démons qui minent la démocratie en France : une défiance très élevée vis-à-vis des élus nationaux, un regard critique d’une majorité d’électeurs sur leur probité, un sentiment très généralement partagé que la démocratie fonctionne mal en France, que la justice est politisée et que le personnel politique s’intéresse bien plus à sa carrière qu’au sort des électeurs.
Dans ce contexte, la condamnation de Marine Le Pen et de ses acolytes vient raviver le débat très ancien sur les rapports entre le juge et l’élu ou entre le droit et la liberté de choix des électeurs. À ce titre, les indignations spontanées ou les postures de victime oublient que le droit à candidater a toujours été encadré juridiquement ne serait-ce, pour l’élection présidentielle, que par l’exigence d’un parrainage de cinq cents élus et que le choix des candidats, avant toute élection, reste du ressort des partis politiques. L’atteinte à la démocratie ne semble donc pas prouvée d’autant plus que le Rassemblement national dispose de Jordan Bardella comme candidat potentiel et que la diversité des opinions, en l’occurrence, n’est pas mise en danger. De plus, on voit bien que soutenir la thèse d’une liberté absolue des électeurs revient à refuser l’État de droit, qui implique la séparation des pouvoirs, et à vouloir faire du peuple un juge politique, où tout jugement est référé à un choix partisan plus qu’à des normes qui s’imposent à tous les citoyens. C’est même reconnaître un privilège non plus à l’élu mais au candidat doté des meilleures intentions de vote dans les sondages. Que ces intentions baissent et l’argument du déni démocratique tombe. L’absolution juridique découle alors d’un simple rapport de force... |
Exemplaires
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
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| aucun exemplaire | |||||




